La médecine chinoise

Principes fondamentaux

Toute la médecine chinoise, comme les arts martiaux, aikido, taijiquan, qigong etc., et comme la phytothérapie ou la diététique chinoises, sont fondés sur la notion de qi, que l’on prononce tchi, et qui s’écrit 氣, en caractères chinois. Cette notion peut se traduire par «souffle» ou par «énergie». Ce souffle constitue l’ensemble de l’univers,et c’est la condensation de ces souffles qui forment la vie.

Le grand taoïste Zhuangzi écrit :

“la vie est due à l’accumulation de souffle ; si le souffle s’accumule il y a vie, s’il se disperse, il y a mort.”

Cette énergie, le qi, se caractérise en yin et yang. L’un ne peut pas exister sans l’autre. Ils sont indissociables, comme le jour et la nuit, le chaud et le froid, etc. C’est le même qi qui circulant dans l’univers fait l’alternance du jour et de la nuit ou l’alternance des saisons, qui va circuler dans le corps humain, normalement de façon harmonieuse, sans blocage, sans contresens.

La médecine chinoise voit donc le corps humain comme un ensemble dynamique où tout est mouvement, harmonieux et équilibré si l’on est en bonne santé. Mais à partir du moment où cette circulation est confrontée à un ou des obstacles, alors apparaissent les maladies. Ces obstacles peuvent être un déséquilibre nutritionnel, un traumatisme ou un trouble climatique (le froid, l’humidité par exemple) ou surtout essentiellement un trouble des émotions (comme la colère, l’anxiété, la tristesse, etc.).

Des mythes aux temps modernes

Entre les VIIIe et IIe siècles avant Jésus-Christ se développe en Chine une médecine ancestrale. La pharmacopée y est importante et on soigne différents maux. On y traite par exemple les atteintes par les parasites. Cette médecine applique déjà la théorie des correspondances. On puncture certains points avec des stylets de pierre, puis de bronze.

Du IIIe siècle avant J.-C. jusqu’au IIIe siècle de notre ère, l’acupuncture, partie de cette médecine traditionnelle chinoise, prend forme et s’organise autour de la théorie des méridiens. L’ouvrage de base de l’acupuncture, le Classique Interne de l’Empereur Jaune, date de cette époque qui correspond à la dynastie des Han.

Depuis, l’histoire de l’acupuncture a évolué en progressant selon des hauts et des bas. À certaines périodes, comme en 1822, l’acupuncture est officiellement interdite, mais survit dans les pratiques populaires.Actuellement son expansion est mondiale.

L’Organisation Mondiale de la Santé recense régulièrement les travaux de valeur publiés dans le monde et statistiquement significatifs. À la lumière de ces travaux elle recommande l’utilisation de l’acupuncture dans de nombreuses indications. La Chine soutient ce développement par diverses structures, en particulier la WFAS (World Federation of Acupuncture and moxibustion Societies).

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Depuis plus de 4 000 ans la Chine a développé une médecine très complète, avec un corpus théorique important comprenant une pharmacopée, des massages, une diététique, des manipulations, des actes chirurgicaux et une thérapeutique originale, l'acupuncture, appelée méthode des aiguilles et des moxas (zhen jiu fa).
Celle-ci est enracinée dans la culture traditionnelle chinoise et dans sa cosmologie particulière, dominée par la notion de Dao et représentant un univers constitué et animé par le Qi 氣 (souffle) à l'aide de modèles d'organisation symboliques (Yin/yang, Ciel/Terre/Homme, Cinq phases) ; c'est dans cette référence qu'elle amène à envisager l'homme dans sa totalité, comme un microcosme régi par les mêmes lois et siège des mêmes mouvements et transformations des souffles que l'univers entier.
Car l'acupuncture est essentiellement une médecine des souffles (Qi) : sa méthode thérapeutique est liée à la personne, au lieu, à l'heure, c'est-à-dire à la qualité de souffle au moment où on le considère. Ceci explique que le même traitement chez la même personne puisse avoir des effets différents à quelques jours d'intervalle, qu'un traitement identique pour une même pathologie n'aura pas un succès équivalent chez deux patients différents.
Ceci rappelle une notion connue en occident : l'occasion fugace d'Hippocrate que les chinois appellent deshi : obtenir le moment. Médecine du souffle ou des souffles, l'acupuncture régule leur perturbation avant même que la maladie se manifeste et prétend ainsi, comme c'était le cas en Chine, être une vraie médecine préventive.

Conclusion

Que des médecins formés par la médecine occidentale s'intéressent à l'acupuncture et la pratiquent montre qu'en occident et à notre époque il existe une médecine qui tient compte de l'unité de la personne et relie les aspects corporels, psychiques et spirituels. Elle permet à l'homme malade de mieux se resituer et de donner un sens à ses troubles.

L'acupuncture

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Histoire

L’acupuncture est une médecine qui existe sans doute depuis plusieurs millénaires. Peut-être cinq pour la tradition orale. Les documents écrits les plus anciens concernant l’acupuncture ont été rédigés sur plusieurs siècles et datent de l’époque des Han 200 avant J.-C. à 220 après J.-C..

Il s’agit du Huangdi Neijing, «le canon (livre) interne de l’Empereur jaune» qui réunit deux ouvrages le lingshu et le suwen, sorte de «bible» des acupuncteurs. Au fil des siècles bien d’autres ouvrages ont été écrits par les médecins chinois, mais tous s’inspirent de ce premier texte.

Principe

L’acupuncture, à l’aide de fines aiguilles, permet alors de rétablir une circulation harmonieuse. Il suffit de placer une ou plusieurs aiguilles aux endroits appropriés pour lever les obstacles et refaire circuler l’énergie (et donc soulager une douleur ou un autre symptôme gênant), mais cela nécessite d’avoir fait auparavant un diagnostic très complet,où interviennent un interrogatoire très détaillé, l’examen clinique, la prise des pouls chinois, etc. : si on met l’aiguille n’importe où, on n’obtient aucun résultat !

Bien évidemment il est nécessaire d’avoir une formation médicale pour traiter en acupuncture : par exemple il faut savoir diagnostiquer une tumeur du cerveau chez un patient présentant des migraines et l’adresser au neurochirurgien et non pas s’obstiner à vouloir le traiter par acupuncture !

Le point d’acupuncture

C’est un lieu privilégié sur la peau qui permet d’accéder à cette énergie, puisqu’à cet endroit l’énergie est plus concentrée et plus superficielle qu’en d’autres endroits du corps .

Cette zone cutanée peut facilement être mise en évidence à l’aide d’un détecteur ; celui-ci montre une différence de potentiel entre le centre et le pourtour du point. En étudiant au microscope l’emplacement d’un point d’acupuncture, on remarque que c’est une zone «vide». c’est-à-dire qu’il n’y a pas de vaisseaux sanguins, ni lymphatiques, ni nerfs ; c’est dans ce «vide» que l’énergie, le qi, est la plus accessible.

Les points d’acupuncture sont situés le long de trajets d’énergie qu’on appelle les méridiens, qui parcourent tout l’ensemble de l’organisme en se connectant les uns aux autres et qui sont en relation avec les différents organes (cœur, rein, foie, estomac, vessie, etc.) et structures du corps (la peau, les muscles, la chair, le sang, les os, etc.).

La recherche médicale

Actuellement, il y a 3 139 ECR (Essais Contrôlés Randomisés) concernant l’acupuncture. Ces essais, pour la plupart réalisés à l’étranger (malheureusement en France, il y a peu de crédits pour financer ce genre d’études), concernent des domaines très différents : anesthésie par acupuncture, rhumatologie, cardiologie, gastro-entérologie, gynéco-obstétrique, etc. De nombreuses études de très grande qualité démontrent l’efficacité de l’acupuncture.

Dommage que peu de médecins encore connaissent cette médecine ! Il faut dire qu’il existe un paradoxe en France : cette médecine efficace et qui ne coûte pas cher n’est pas encore assez bien connue des «décideurs de la santé,et les médecins n’ont aucun encouragement à s’orienter dans cette discipline, par ailleurs exigeante puisqu’elle nécessite pour le médecin d’entrer dans une autre forme de pensée, très éloignée de la pensée occidentale….

Le saviez-vous?

Ce que peut traiter l'acupuncture

Je ne vais pas faire une liste exhaustive de ce que peut traiter l'acupuncture, mais vous donner quelques exemples : troubles psychiques (dépression, angoisses etc.), les douleurs sous toutes ses formes (rhumatismes, arthrose, entorse, tendinite, céphalées, migraines, etc.) les troubles digestifs (nausées, vomissements etc.), les troubles du sommeil, les allergies, les petits problèmes de la grossesse... et bien d'autres encore !

Les résultats sont parfois spectaculaires. Notamment dans certaines douleurs comme des lumbagos et des douleurs cervicales.

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